Choix moraux

Publié le par wolfie

 planete-fragile-copie-1.gifVous êtes le commandant d’un navire qui vient de couler. Trente personnes sont entassés dans un canot de sauvetage qui ne peut en transporter que vingt et coulera si vous ne faites rien. Vous pensez qu’il vaut mieux quelques morts plutôt que trente cadavres et vous savez qu’il faudra ramer pour arriver sain et sauf : vous jetez donc les dix plus faibles par-dessus bord.
Quand le canot arrive à bon port, vous êtes jugé pour meurtre. À votre avis, comment les jurés vont-ils juger votre décision ? Les questions morales qu’elle soulève auraient-elles été différentes si, dès le début, vous aviez empêché les dix plus faibles de monter dans le canot ?
Considérez maintenant le monde entier comme ce navire. Il a fait naufrage parce que le monde ne peut plus assurer son développement, notamment à cause d’une croissance démographique galopante.
Selon l’écologiste Garrett Hardin (1974), au fur et à mesure que la situation dramatique des populations mondiales s’aggrave, mettant en scène la Tragédie des bien communaux * à l’échelle mondiale, les nations les plus riches sont confrontées au dilemme du canot de sauvetage, poussant à l’eau les nations les plus pauvres qui réclament leur juste part du gâteau.
Quelle est la bonne chose à faire : garder nos ressources pour nous ou admettre les vagues de réfugiés climatiques ? Ne feraient-ils pas que couler le canot ? Qu’en pensez vous ?

L’argent permet le pouvoir, on obtient de l’argent en exploitant les ressources.
Le pouvoir étant aujourd’hui la chose qui prime sur tout pour les hommes jamais ils ne céderont une part du gâteau à ceux qui devraient en bénéficier aussi. En agissant ainsi on court à la perte de notre planète puisque les conséquences entraîneront des évènements dramatiques pour l’ensemble de la population mais d’abord les plus exposés. Nous devrons aider ces derniers mais cela sera-t-il encore possible ? Ne va-t-on pas plutôt couler avec eux ?


* Ce raisonnement peut fortement rappeler celui du dilemme du prisonnier (pour ceux qui ne connaissent pas, Google est votre amis ;-) ). C’est un scénario qui oppose la rationalité individuelle à la coopération par la force, arguant que seule cette dernière peut empêcher la ruine collective. Nous sommes tous potentiellement menacés par cette tragédie chaque fois qu’il y a un accès libre à une ressource commune limitée : par exemple, un lac entouré de maison, une pâture que partagent des bergers, le poisson dans les eaux internationales, ou l’air même que nous respirons.
Dans ces situations plus vraies que nature, les "joueurs" reçoivent une prime pour coopération, mais uniquement si les autres coopèrent eux aussi. Dans le cas de la pâture, chaque éleveur qui a accès au terrain communal a toutes les raisons d’ajouter un animal de plus à son troupeau dans la mesure où plus son troupeau sera important, plus la marge de l’éleveur sera élevée en fonction du coût d’exploitation du terrain communal réparti sur l’ensemble des éleveurs. Ce raisonnement se vérifie pour chaque éleveur, et pour chaque tête de bétail ajouté. Suivant une logique inexorable, on arrive à une surexploitation du terrain communal qui conduit à son appauvrissement et à son abandon.
Tant que le terrain communal sera accessible à tous, l’efficience des agents va les pousser à optimiser leur bénéfice net individuel, ce qui va épuiser les ressources, les détruisant pour l’ensemble de la communauté. Seule la coopération par la force peut optimiser le rendement. Le problème est de savoir comment exercer cette contrainte.

Imaginez un certain nombre d’individus qui habitent sur les rive d’un grand lac : chacun y puise son eau potable, y pêche son poisson, y jette ses déchets. Tant que le nombre de riverains est relativement peu élevé, le lac peut le supporter, mais si la population continue de s’accroître, les eaux du lac vont être polluées, les ressources en poissons vont diminuer, et l’eau sera imbuvable. Chaque individu doit réduire sa consommation mais cela ne marche que si tout le monde fait de même.

La solution : On pourrait diviser le lac en portions et en faire des propriétés privées. Chaque individu aurait donc une part donnée des ressources et, en théorie, une bonne raison de la préserver. Malheureusement, dans ce type d’exemples, comme dans le cas de l’atmosphère ou des océans pour lesquels notre action individuelle se répercute sur toute la communauté, cela ne marche pas.


Conclusion : chacun doit faire des efforts pour que nous restons tous à la surface, satisfaits grâce à une bonne gestion de nos ressources. Mais arriverons nous à éviter le naufrage ?

 

 

Extrait toujours tiré du même ouvrage que l'article ci-dessus ;-)

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